• Raphaëla

Les 12 principes de base de l’animation


Le motion design, c’est littéralement du « design en mouvement ». Même si ce procédé a révolutionné le monde du marketing vidéo ces dernières années, ne nous y trompons pas, ses fondements prennent bel et bien leur source dans l’art du cartoon ! Car après tout, qu’est-ce que du motion design, sinon du dessin animé ?! Pour réaliser une animation réussie, les motion designer s'attachent donc à respecter 12 grands principes, théorisés par les maîtres du dessin animé eux-mêmes.


Un peu d’histoire…

Qui dit maître du dessin animé, dit évidemment… Walt Disney ! En 1981, deux de ses meilleurs illustrateurs, Ollie Johnston et Frank Thomas publient le livre The Illusion of life (l’Illusion de vie).



Dans ce livre, toujours considéré comme l’ouvrage de référence en matière de dessin animé (à la main ET à l’ordinateur), ils exposent 12 principes de bases à respecter pour une animation la plus réaliste possible. Pour illustrer ces règles d’or, le motion artist, Vincenzo Lodigiani a animé chacun de ces principes. Sans plus attendre, voici les 12 principes de base d’une animation réussie ! Spoiler alert, ces règles d’or vous replongeront dans vos cours d’anglais et de physique, ne nous remerciez pas 😉 !


1. Compression et étirement (squash and stretch)

2. Anticipation (anticipation)

3. Mise en scène (staging)

4. Partie par partie (pose to pose) et Toute l’action d’un coup (straight ahead)

5. Continuité du mouvement initial (follow through) et Chevauchement de deux mouvements consécutifs (overlapping)

6. Ralentissement en début et en fin de mouvement (Slow in and slow out)

7. Trajectoire arquée (arc)

8. Détails secondaires en mouvement (secondary action)

9. Cohérence physique / Cohérence théâtrale (timing)

10. Exagération (exaggeration)

11. Volumes (solid drawing)

12. Charisme (appeal)



1. Compression et étirement (squash and stretch)


Cette première règle (et peut-être la plus importante !) veut que l’animation soit plus crédible si l’objet ou le personnage animé se déforme au contact d’un autre élément plus solide. Si on prend l’exemple d’un cube, comme dans la vidéo ci-dessous, il va s’étirer en montant et s’écraser au contact du sol. Plus on garde les proportions de la réalité, plus c’est réaliste (logique). Il faudra donc faire attention à rester proche des proportions de la réalité si on souhaite l’animation plus réaliste que cartoonesque.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



2. Anticipation (anticipation)


De sorte à préparer le spectateur à l’action, on va montrer la préparation de cette action. Par exemple, si un sportif effectue un saut, on montrera le départ, la prise d’élan, l’appel, puis le saut.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



3. Mise en scène (staging)


Utilisé dans toutes les formes d’art visuel (cinéma, théâtre, art pictural, etc.), ce procédé permet, par le biais d’un angle spécifique, d’une lumière, d’un costume, d’un élément de décor ou autre, d’attirer l’attention du spectateur sur un élément précis de la scène. Dans le cas de l’animation, il s’agira d’utiliser le mouvement pour inviter l'œil du spectateur exactement où vous le souhaitez.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



4. Partie par partie (pose to pose) et Toute l’action d’un coup (straight ahead)


Ce sont les deux façons de procéder lorsqu’on anime une action. Les deux techniques peuvent être utilisées seules ou de manière complémentaire.


  • Partie par partie : en décomposant le mouvement général en sous-parties, l’animateur choisit d’illustrer les mouvements clés de l’animation, puis de « combler » les intervalles en dessinant les parties intermédiaires.


Avantage : l’animateur sait où il va (temps de l’action, arcs, direction, etc.), la production aussi.

Inconvénient : la précision de cette technique peut nuire à la spontanéité du dessin.


  • Toute l’action d’un coup : technique plus proche de l’improvisation, elle consiste à dessiner les images au fur et à mesure de l’action qui se déroule. C’est le procédé utilisé pour le stop-motion.


Avantage : plus spontané, plus fluide, plus réaliste.

Inconvénient : avec cette technique, il peut être plus difficile de garder les proportions du sujet du début à la fin et de savoir précisément où on va (timing, etc.).


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



5. Continuité du mouvement initial (follow through) et Chevauchement de deux mouvements consécutifs (overlapping)


Le motion designer utilisera ces deux notions directement puisées des lois de la physique (lois d’inertie et d’énergie cinétique) pour donner vie et rythme à son dessin. La continuité du mouvement initial implique que certaines parties de l’objet ou du personnage continuent à bouger après que le reste de l’objet ou du personnage n’ait arrêté de bouger lui-même. Imaginez un chat qui se déplace. Ses pattes avancent à leur rythme et lorsqu’il s’arrête on peut imaginer que ses poils frémissent encore, ou que son collier balance encore quelques instants. Le chevauchement de deux mouvements consécutifs, lui, implique que lorsque notre chat change brutalement de direction, son corps continue d’avancer dans la direction initiale.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



6. Ralentissement en début et en fin de mouvement (Slow in and slow out)


Cette technique consiste à multiplier le nombre d’images avant et après l’action. Ce procédé donnera une impression d’accélération/décélération et donc, plus de réalisme à votre sujet. Il permet de matérialiser un changement d’un état à un autre. Dans l’exemple d’une balle rebondissante, il y aura plus d’images avant le rebond et après celui-ci.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



7. Trajectoire arquée (arc)


Une trajectoire arquée, qu’elle soit en parabole (le ou les éléments montent et redescendent tout en avançant) ou en arc de cercle (pour les éléments en rotation), permet de donner un maximum de réalisme au sujet (objet lancé en l’air ou personnage qui saute par exemple). On se gardera toutefois d’utiliser ce paramètre avec des objets ou personnages mécaniques pour lesquels il sera plus efficace d’utiliser les lignes droites.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



8. Détails secondaires en mouvement (secondary action)


La technique de l’action secondaire consiste à animer une deuxième action pour mettre en valeur la première, sans toutefois lui voler la vedette. Le mouvement d’un élément autre que l’élément principal permettra de donner à celui-ci du volume et du mouvement, bref de la vie ! Pour reprendre l’exemple du chat, on peut imaginer que ses moustaches frétillent en avançant, pour plus de réalisme.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



9. Cohérence physique / Cohérence théâtrale (timing)


Comme dans la vie, l’animation est une question de timing ! Les lois de la physique (encore elles) indiquent à notre cerveau qu’un sujet se déplace à une vitesse définie par sa masse et la réaction de cette masse au mouvement. Pour animer avec réalisme, il conviendra donc de respecter cette cohérence physique. Mais, à ce concept vient s’ajouter celui de cohérence théâtrale. Un timing accéléré, ralenti, un « mauvais » timing peuvent être utilisés pour exprimer la personnalité d’un sujet, accentuer l’effet comique d’une scène ou encore augmenter l’émotion d’une séquence…


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



10. Exagération (exaggeration)


Comme son nom l’indique, l’exagération permet… d’exagérer ! Caractéristiques physiques, mouvements, effets… l’avantage de l’animation est de pouvoir grossir le trait pour insuffler une personnalité à ses objets et personnages ou un attrait supplémentaire à l’action. Rester relativement proche de la réalité tout en dépassant les limites de la vraie vie, c’est la clé d’un motion design impactant. Attention cependant à ne pas en abuser, pour ne pas rendre l’animation confuse aux yeux du spectateur.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



11. Volumes (solid drawing)


Cela paraît logique, un bon animateur connaît les bases du dessin. Les proportions, les perspectives, mais aussi le respect des volumes permettra au motion design de garder de la cohérence.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



12. Charisme (appeal)


Ce dernier paramètre est moins technique, mais c’est l’un des plus importants ! Le charisme, c’est la personnalité de votre sujet et donc, de votre animation. Une gestuelle ou une façon de se mouvoir particulière, une couleur caractéristique… des sujets profonds seront d’autant plus marquants pour les spectateurs qui retiendront donc plus aisément l’histoire et les messages.


Crédits : The illusion of life | Vincenzo Lodigiani



Si les tendances en matière de motion design et de création de contenu vidéo évoluent, les fondamentaux, eux, ne changent pas. Pour qu’une vidéo en motion design soit réussie, il faudra donc qu’elle respecte de près ou de loin ces 12 principes de base de l’animation. Chez Pomelo Factory, nos motion designer vous attendent pour concevoir avec eux des vidéos de qualité qui vous ressemblent ! N’hésitez plus à contacter notre team de pro !





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